21 novembre 2005

Grand concours

Voilà des années que je me demande ce que le "Penseur" de Rodin peut bien penser. Vous pouvez m'aider en postant une proposition sous ce message ...

15 novembre 2005

Quand le divorce était interdit

Internet recèle bien des surprises ... Sur le site du Ministère de la Justice, l'internaute peut ainsi accéder à un dossier intitulé "Quand le divorce était interdit (1816-1884)". Très documenté, le site reproduit des extraits de courriers transmis dans le cadre d'une pétition en vue d'une refonte de la loi interdisant le divorce. Ce sont deux d'entre-elles qui sont reproduites ci-après.

1°) "Au Citoyen Ministre de la Justice Citoyen Ministre,

La nommée Citoyenne Rose Armery femme Barroix, séparée judiciairement et de fait de corps d’avec son mari il y a près de 6 ans exercent la profession de fruitière rue St Jacques n°15 à Paris. A l’honneur de vous exposer que se trouvant dans la nécessité de se remarier, elle fait des vœux pour le divorce. [*] Son mari fut condamné par la cour d’assises de la Seine le il y a 5 ans aux travaux forcés à perpétuité et il subit sa peine au bagne de Brest [**]. Dans cette déplorable situation l’exposante âgée de 36 ans, désirerait pouvoir contracter un second mariage, mais le divorce l’en empêchant, fait elle le répète des vœux pour l’abolition de cette loi qui fait un si grand nombre de victimes.

Dans l’espoir que son voeu sera exaucé elle a l’honneur d’être, Citoyen Ministre, votre très dévouée Rose ARMERY Paris le 25 avril 1848

[*] Pour tentative de meurtre sur la personne de sa femme atteinte par lui de cinq coups de couteau [**] Hilaire Barroix "

2°) "Au citoyen Dupont de l’Eure, Président provisoire de la République Française

Monsieur le Président,

Je prends la confiance de vous adresser l’instante demande de faire prononcer une loi qui permette le Divorce. Etant peu initiée aux hautes questions de Législature, de Socialité et de Physiologie déjà débattues, permettez moi de ne vous faire ici qu’un simple exposé. Je subis le sort affreux d’un mariage mal assorti ; antipathie, mauvais procédés, affection incompatible, me rendent depuis longtemps l’existence insupportable. Dernièrement mon mari a abandonné l’intérieur pour vivre avec une autre femme, je n’en ai pas moins continué courageusement notre modeste commerce de limonadier. Aussi Monsieur le Président, ma conscience me donne l’espoir d’être digne de l’intérêt que je sollicite de vous.

J’arrive à la question générale et crois facile de trouver cent mille ménages qui exposeraient des griefs réciproques, aussi plausibles que les miens quant à la moralité. Dans un moment de bonheur ou le Gouvernement doit par des institutions soit nouvelles, soit puisées dans notre première République, rendre à la société tout le bonheur possible ; je place avec sécurité Citoyen Président ma pétition sous la sauvegarde de votre sagesse et de votre expérience ; moi pauvre femme tant en mon nom qu’en celui de cette société qui attend de la bienheureuse révolution de Février, régénération et bien être dont elle saura se rendre digne. Je m’arrète devant l’innombrable exposé des misères et des malheurs que devra applanir une loi aussi équitable, et si vivement réclamée sans succès sous tous les despotismes écroulés, et qui aurait cependant évité d’horribles drames dans toutes les classes de notre belle France.

Que la liberté reconquise étende ses bienfaits jusqu’à nous, en nous délivrant d’un enchainement tyrannique ; voilà notre vœux Citoyen Président j’ose espérer que vous le jugerez digne de votre sollicitude.

Daignez répondre à ma vive prière et recevoir l’assurance du respect et de la vénération, avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Citoyen Président, votre très humble servante

Mme GOSSELIN 137 Faubourg St Martin Paris le 29 Avril 1848 "

 

Un cyber conseil : échangez une soirée TV pour une lecture de ces courriers, dépaysement dans le temps garanti !

 

14 novembre 2005

Abracadabra

Elle est intéressante cette étude de M. Pierre Fleury-Le Gros : La protection du secret de l'oeuvre de magie par le droit de la propriété intellectuelle (D. 2005, Chron., p. 2808). L'auteur s'insurge contre une pratique très à la mode : la révélation par les médias des coulisses des tours de magie. Cette terrible tendance est en train de tuer la profession de magicien qui, précisément, s'est maintenue au travers les siècles en maintenant le secret. L'idée de Monsieur Fleury-Le Gros est intéressante. Il soutient en effet que le "tour de magie" est une oeuvre et que la révélation du secret technique sur laquelle elle repose rend envisageable l'action en contrefaçon. La démarche est intéressante. Personnellement, mon choix est fait : si on me révèle le secret de la boîte qui fait disparaître les gens ou encore celui de la personne que l'on scie, je préfère placer mon éventuelle action sur le terrain de la perte d'une chance : celle de rêver.

08 novembre 2005

Ahmed Al-Khatib

Ahmed-Al-Khatib. Un nom dont il faut se souvenir. Sa mort a été éclipsée par la flambée de nos cités. Et pourtant ... Âgé de 12 ans, Ahmed-Al-Khatib, petit Palestinien, jouait dehors avec un petit pistolet en plastique. les soldats israéliens l'on confondu avec un des militants du Jihad islamique qu'ils étaient venus arrêter et ont ouvert le feu. L'enfant a reçu plusieurs balles dont l'une à la tête et décèdera peu de temps après dans un hôpital israélien. C'est ici que commence l'histoire : les parents du jeune enfant ont décidé de faire don des organes de leur fils. "Nous voulons adresser un message de paix à la société israélienne, au ministère de la défense et au Parlement israélien" ont indiqué les parents. "Ils ont tué mon fils qui était en bonne santé; nous voulons donner ses organes à ceux qui en ont besoin" a indiqué le père, "que le receveur soit Palestinien ou Israélien ne nous pose aucun problème". Deux enfants juives et une jeune fille druze ont pu recevoir les poumons, le foie et le coeur d'Ahmed et ont ainsi été sauvées. Un geste qui doit nous faire grandir.

01 novembre 2005

Misère

A l'heure de la précarité institutionnalisée (allusion mesquine au tout aussi mesquin CNE), une étude publiée au Bulletin épidémiologique hebdomadaire relève que la précarité en termes notamment de logement et d'emploi s'accompagne bien d'inégalités devant la santé avec notamment un défaut d'accès aux soins, qui touche aussi bien des rmistes que des jeunes en insertion professionnelle.

L'étude compare une population de 704.128 personnes en situation de précarité (chômeurs et contrat emploi solidarité/CES, RMI, SDF, situation familiale fragilisée...) à 516.607 personnes non précaires, tous âgés de moins de 60 ans. L'étude est basée sur l'exploitation de la base de données 1995-2002 des 98 centres d'examens de santé qui réalisent environ 650.000 examens périodiques de santé par an (NDLR : Ces centres sont destinés aux assurés du régime général de la sécurité sociale et à leurs-ayants droits, soit près de 85 % de la population francaise. Près d'un tiers de ces examens de santé réalisés chaque année s'adresse aux précaires).

 Les auteurs notent des relations statistiquement significatives entre la précarité et la plupart des indicateurs chez les SDF, les bénéficaires du RMI et les jeunes en insertion. Ainsi le défaut d'accès aux soins et le mauvais état dentaire est relevé pour l'ensemble de la population précaire, avec en plus pour les femmes un risque d'obésité (18,80% chez les rmistes contre 9,62% chez les femnes non précaires). Chez les femmes, l'absence de suivi gynécologique régulier touche plus d'une rmiste sur deux (contre 30,33% les non précaires). Le tabagisme est également plus prononcé chez les précaires : chez les hommes il concerne 66,67% des jeunes de 16-25 ans en insertion porfessionnelle, plus de 50% des chômeurs, 58,58% de ceux touchant le RMI et 60,82% des CES. Par comparaison, parmi les hommes non précaires, la proportion des fumeurs (ou ceux tentant d'arrêter) est de 36,89%. Ces résultats soulignent les "niveaux élevés des risques pour les groupes SDF, RMI et les jeunes en insertion et l'importance des difficultés d'accès aux soins pour toutes les catégories", résument les auteurs dans le BEH, publication de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

La misère sociale a donc bien une réalité chiffrée et connue de tous. Et l'auteur de ces lignes n'a pas plus de remède que les autres ...

Riffifi à Tubbataha

 

Selon une dépêche AFP du 1er novembre 2005, Greenpeace acquittera une amende de 11.600 dollars aux autorités philippines pour avoir endommagé un récif corallien du parc marin de Tubbataha (centre) inscrit au patrimoine mondial de UNESCO. Le Rainbow Warrior II a détruit, lundi, une portion de 160 m2 du récif de Tubbataha situé en plein milieu de la mer de Sulu, à 150 km à l'est de l'île de Palawan, a indiqué à l'AFP la responsable du parc Angelique Songco. Un responsable de l'organisation écologiste aux Philippines a qualifié la manoeuvre d'accidentelle et s'est dit prêt à acquitter l'amende. "La carte indiquait que nous étions à un mile et demi (2,4 km) du récif lorsqu'il a touché le fond", a déclaré à l'AFP Red Constantino soulignant que le plan de navigation leur avait été fourni par le services cartographiques du gouvernement philippin. Le Rainbow Warrior II se trouvait dans la mer de Sulu dans le cadre d'une campagne pour la promotion des énergies naturelles (Ndlr : Véritable paradis pour amateurs de plongée sous-marine, Tubbataha est un parc marin créé en 1993 et classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. Sa superficie est de 33 200 hectares). Lorsque l'on se bat pour une cause et que l'on porte préjudice à cette cause, on parle désormais de dommage collatéral

Toutes les notes