31 mars 2006
Dents qui grincent
Lettre à Monsieur Giles de Robien, Ministre de l'Education Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Vous étiez, Monsieur le Ministre, l'invité de France Inter ce jour au journal de 13 heures. Saluons votre courage et la difficulté de l'exercice : le jeu politique vous impose de cautionner une décision dont vous n'êtes pas à l'origine et de gérer la crise qui en résulte. Interrogé sur le blocage, vous évoquiez fort logiquement - et heureusement - votre opposition au blocage et indiquiez dans le même temps votre respect de la liberté de penser. Vous précisiez alors que les étudiants pouvaient fort bien aller en cours et manifester après d'"autant, rappelons-le, que l'assiduité en cours est obligatoire". Regrettable imprécision, avouez-le, et qui va surprendre plus d'un étudiant au sein de nos universités.
C'est sans nul doute votre diatribe à l'égard des enseignants qui aura le plus fait grincer les dents de l'auteur du présent billet. Alors que le temps est à l'orage, que les susceptibilités sont à fleur de peau, vous êtes venu rappeler le devoir de réserve des enseignants en exposant sans nuance aucune qu'ils devaient être "neutres en cours".
La formule appelle deux observations.
- En premier lieu, vous n'évoquez dans votre discours que les enseignants hostiles au CPE et favorables aux manifestations, on l'aura compris. Que dire alors de cette autre partie des enseignants qui ne sont pas hostiles au CPE et qui font tout pour maintenir leurs étudiants dans les salles de cours et amphis. Les appelez-vous aussi à la réserve ?
- En second lieu, nous sommes un certain nombre d'universitaires à penser que nous ne devons en rien faire preuve de neutralité lorsque nous enseignons : l'Université est une somme d'avis. Nous sommes là pour apprendre aux jeunes qui feront ce pays demain à s'interroger et à réfléchir et l'Université, vous ne l'ignorez pas, n'est pas qu'une machine à distribuer des diplômes.
Peut-être serait-il opportun, Monsieur le Ministre, que quelques précisions soient apportées à vos propos.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l'assurance de ma respectueuse considération.
PS : Ce billet est anonyme parce que c'est le principe du site. Je tiens évidemment, Monsieur le Ministre, mon identité à votre disposition.
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15 décembre 2005
Vanneste, des droits d'auteur aux homosexuels en passant par le rôle positif de la colonisation ...
Dire que le projet - presque voté d'ailleurs - de réforme des droits d'auteur déplaît au monde universitaire est un euphémisme : Cette communauté est longue à se mobiliser mais lorsqu'elle y parviendra ...
C'est simplement sur l'auteur du rapport qui a conduit à ce projet que je souhaite porter ici un éclairage : il s'agit d'un homme de grande valeur dont la France peut être fière : Monsieur Christian Vanneste. Deux faits d'armes à son actif : la loi relative au rôle positif de la colonisations et quelques positions sur l'homosexualité.
Le 26 janvier 2005, en effet, quelques semaines à peine après la promulgation de la loi réprimant les propos injurieux ou diffamatoires "en raison de l'orientation sexuelle", le député (UMP) du Nord déclarait à La Voix du Nord que l'homosexualité était une "menace pour la survie de l'humanité". "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité", déclarait alors M. Vanneste. Dix jours plus tard, il précisait dans Nord Eclair : "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement." "Nous parlons d'un problème qui touche le fondement même de l'humanité. Dans toutes les sociétés, on a écarté l'homosexualité et l'inceste. Je pense que l'homosexualité n'est pas innée mais qu'elle est acquise au niveau de l'adolescence et donc, qu'elle peut être rééduquée."
La rééducation des homosexuels ... N'était-ce pas l'un des projets du IIIème Reich ?
Voilà qui fait désordre au sein d'un parti qui prétend faire voter prochainement un texte de loi visant à lutter contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe ... Il y a quelques mois, le chef de ce parti avait promis une exclusion si Monsieur Vanneste récidivait dans ses propos. Monsieur Vanneste a récidivé, il n'a pas été exclu. Doit-on en déduire que sa position n'est pas si choquante que cela ?
Rappelons que sur le plan pénal, Christian Vanneste encourt une peine de six mois de prison ferme et 25 000 euros d'amende. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 24 janvier 2006.
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31 octobre 2005
Cyclistes et Code de la route
Respect de l'environnement, essence trop chère, les incitations à la "vélocypédie" sont nombreuses. Petit rappel pourtant : le Code de la route doit s'appliquer aux adeptes de la petite reine. C'est précisément là que surgissent les difficultés : le Code de la route est-il vraiment adapté à la circulation en vélo ? Faut-il avoir le même raisonnement pour le cycliste qui passe un feu rouge au ralenti en s'étant assuré qu'il avait le passage libre et un automobiliste qui le franchit à 50 km/h ? Le bon sens incite à répondre par la négative et pourtant ... Les textes sont implacables et l'autorité ne se prive pas de le rappeler à grand renforts de contraventions : 135 euros dans le cas précis du feu rouge. Il faut dès lors se demander ce qu'attend le législateur pour adapter les dispositions d'un Code qui ne le sont pas forcément au cas présent. Il faut aussi se demander pourquoi les pistes cyclables ne se généralisent pas dans les villes. Parce que cela coûte de l'argent alors que les contraventions en rapportent ?
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